person:henri lefebvre

  • Le droit au village, ou la fatigue d’être mobile | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/176286/sociologie-urbanisme-droit-au-village-periurbain-mobilite-transports


    Des questionnements très intéressants sur la #mobilité et les #territoires. Le fait est que nous sommes assignés à vivre en #ville (boulot + services publics), sans même interroger la réelle envie des gens à y aller.

    Le chercheur rappelle qu’historiquement, la sociologie et l’urbanisme ont plutôt déprécié ce choix. La figure du périurbain est passée du statut de victime –du patronat et de l’État, qui l’aiguillonnent vers la propriété individuelle à des fins de paix sociale, période bourdieusienne– à celui de coupable –période actuelle de la condamnation morale du périurbain, pour son bilan énergétique défavorable comme pour le style de vie et le rapport au monde supposément individualiste qu’il promeut.

    Énergivore, favorisant l’entre-soi, moche, le périurbain paré de tous les défauts a pourtant été préféré au choix de bâtir la ville en continuité des agglomérations existantes. Pourquoi ? Avant tout parce que c’est le choix plébiscité par la population elle-même, souligne Éric Charmes. Et ce en dépit de la perplexité des spécialistes de la ville, dont la philosophie est souvent contenue dans la célèbre formule du philosophe et sociologue Henri Lefebvre, celle d’un « droit à la ville » : « Pourtant, quelque chose ne colle pas. Beaucoup d’attentes des habitants des campagnes urbaines sont en décalage avec les idéaux portés par le droit à la ville. »

    C’est même, poursuit Éric Charmes, « parce qu’ils voulaient résider à la campagne, “tranquilles”, à l’écart des villes et de leur effervescence », que tous ces gens se sont installés à bonne distance des cœurs des métropoles.

    #livre

  • « Les difficultés des “gilets jaunes” sont la conséquence de cinquante ans de politique d’#urbanisme »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/02/les-difficultes-des-gilets-jaunes-sont-la-consequence-de-cinquante-ans-de-po

    Dans le mouvement des « gilets jaunes », une raison essentielle a été insuffisamment pointée, qui sous-tend la plupart des autres. Les difficultés des « gilets jaunes » sont pour une grande part la conséquence de la politique d’urbanisme mise en œuvre dans notre pays depuis cinquante ans. Pour la faire courte, celle-ci a consisté à vider les villages, bourgs et villes petites et moyennes d’une grande partie de leurs habitants et activités au profit de périphéries sans âme et sans vie. Cette politique, à laquelle peu de #territoires ont échappé, s’articule autour du triptyque : étalement urbain de l’habitat, centre commercial et voiture individuelle.

    • L’universitaire Gabriel Dupuy [professeur émérite d’aménagement de l’espace à l’université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne] a montré comment l’ensemble des décisions publiques et privées dans le champ de l’urbanisme de ces dernières décennies avaient concouru à la mise en place d’un véritable système de « dépendance automobile » : les investissements publics conséquents réalisés en faveur des voies rapides, rocades, échangeurs et autres giratoires – au détriment de la rénovation d’un réseau ferré vieillissant et du développement d’aménagements cyclables – ont rendu possible et favorisé l’urbanisation périphérique peu dense sous la forme de lotissements de maisons individuelles. Privés de commerces et de services publics, ces quartiers sont insuffisamment peuplés pour permettre leur desserte efficace par des transports en commun, rendant l’usage de l’automobile indispensable. Cercle vicieux conduisant fréquemment à l’acquisition de plusieurs véhicules par ménage.

      D’où le sentiment de relégation ressenti par nombre d’habitants de ces territoires dont les modes de vie sont pleinement urbains et qui aspirent en conséquence à accéder aux emplois, services et aménités de la ville, pour eux et leurs enfants, mais qui y parviennent de plus en plus difficilement. D’où l’hypersensibilité au prix des carburants.

      Besoin de rencontres
      Il y a cinquante ans déjà, le philosophe Henri Lefebvre alertait sur le risque de fragmentation des espaces et des groupes sociaux induit par cet éclatement des villes. La solution pour contrer ces tendances centrifuges résidait, selon lui, dans l’affirmation et la mise en œuvre effective d’un « droit à la ville », condition de préservation et d’approfondissement de la civilisation humaine grâce à l’accès aux services et aux lieux d’échanges et de rencontres offerts par la centralité urbaine.

      Cette ambition est plus que jamais d’actualité. Le fait que le mouvement des « gilets jaunes » ait très peu concerné les classes moyennes et populaires résidant dans les grandes villes et métropoles confirme que, en dépit des apparences, la vie quotidienne y est probablement plus facile et plus supportable. La proximité et la mixité fonctionnelle (mélange de l’habitat, de l’emploi, des commerces et services) et sociale qui caractérisent le milieu urbain démultiplient les opportunités de rencontres, de travail, de loisirs, d’autonomie des jeunes, le tout pour un faible coût de mobilité.

      La fraternité, la convivialité et la solidarité ressenties sur les ronds-points occupés par les « gilets jaunes » révèlent un fort besoin de rencontres, d’échanges, de coups de main, qui font de plus en plus défaut dans la vie quotidienne de nombre de ces personnes et que ni la télévision ni la sortie hebdomadaire au centre commercial ne compensent réellement.

      Centres-villes en état de mort clinique
      Le développement, sans équivalent en Europe, des centres commerciaux périphériques dans notre pays et la fermeture de nombre de commerces des villages et villes qui en découle – parfaitement décrite par le journaliste [et collaborateur du Monde] Olivier Razemon dans son enquête Comment la France a tué ses villes (Rue de l’Echiquier, 2016) – illustre tristement cette perte de lien social.

      Ces temples – privés – de la consommation attisent désirs d’achat et frustrations sans aucune des qualités et potentialités d’un véritable espace public urbain. Alors que notre pays est déjà suréquipé en centres commerciaux, des centaines de milliers de mètres carrés supplémentaires devraient encore voir le jour au cours des prochaines années, dans une fuite en avant qu’aucune des innombrables lois et commissions mises en place depuis quarante ans n’est parvenue à réguler, au détriment de milliers d’hectares de terres agricoles et d’espaces naturels. La vacance commerciale des centres-villes français a atteint le niveau sans précédent de 11 % en 2017 et dépasse 20 % dans nombre de villes petites et moyennes, dont les centres sont en état de mort clinique et renvoient une image désespérante à ceux qui les habitent encore. C’est une partie de l’histoire, de la civilisation et de l’identité françaises qui disparaissent sous nos yeux, victimes de politiques irresponsables.

      Le drame est que le modèle calamiteux des centres commerciaux périphériques est à présent imité par des services publics, hôpitaux, centres de santé, équipements sportifs, établissements culturels, etc., qui sont de plus en plus nombreux à quitter les centres-villes pour s’implanter eux aussi à proximité des rocades et échangeurs autoroutiers dans des lieux sans histoire, sans qualité et inaccessibles autrement qu’en automobile. Oubliant que seule une partie de la population est motorisée, les jeunes et les personnes âgées encore moins que les autres.

    • Encourager une densification raisonnée
      Alors, que faire pour remédier à cette évolution aux conséquences sociales et environnementales désastreuses ? Quelques mesures simples pourraient être mises en œuvre rapidement par le gouvernement et les élus locaux qui maîtrisent la politique d’urbanisme de leur territoire : planifier l’urbanisme à l’échelle des bassins de vie des populations, la seule pertinente, en confiant la responsabilité des plans locaux d’urbanisme aux intercommunalités, évolution programmée par la loi ALUR [pour l’accès au logement et un urbanisme rénové] de 2014 et qu’il est urgent de parachever ; réinvestir fortement les centres des bourgs et villes moyennes en rénovant les logements vétustes et en encourageant une densification raisonnée de ces territoires aux qualités patrimoniales souvent remarquables afin d’y accueillir de nouveaux habitants, ambition développée en 2018 par le programme gouvernemental « Action cœur de ville », qu’il est nécessaire d’amplifier ; atteindre le plus rapidement possible l’objectif promis par Nicolas Hulot dans son plan biodiversité annoncé en juillet 2018 de « zéro artificialisation nette des sols » ; décréter un moratoire immédiat sur toute nouvelle ouverture de centre commercial et conduire une politique active d’urbanisation des centres commerciaux existants en améliorant leur desserte par les transports publics et les modes actifs (vélo) et en les transformant en véritables quartiers de ville comportant des logements, des équipements publics et des espaces verts accessibles à tous ; aider les commerces de centre-ville à se moderniser et à développer de nouveaux services, grâce à la mise en place d’un fonds alimenté par une taxe sur les livraisons à domicile des sites de vente par Internet ainsi que sur les parkings des centres commerciaux ; enfin, amélioration des lignes de transports en commun et des modes actifs entre les territoires périphériques et ruraux et les centralités urbaines grâce à des liaisons fréquentes et rapides, dans une logique de partenariat entre territoires.

      L’adage du Moyen Age selon lequel « l’air de la ville rend libre » demeure pleinement valable. Contre l’assignation à résidence dénoncée par les « gilets jaunes » , il est urgent de mettre en œuvre une politique permettant à chacun de pleinement jouir de ce « droit à la ville » qui ne doit pas être réservé aux seuls habitants des centres-villes mais bien profiter à l’ensemble de la population qui aspire à la vie en société.

      Stéphane Lecler, urbaniste, a exercé diverses fonctions dans le secteur des transports et de l’urbanisme au sein de l’Etat et de collectivités locales. Il travaille actuellement à la Mairie de Paris.

    • En complément, ce chouette commentaire éclairé trouvé sur le réseau majoritaire :

      Viviane, Jane Jacobs, « grandeur et déclin des grandes villes américaines » où elle décrit dans le menu le jeu de relations sociales complexe d’une vraie ville, le rôle des rues, des places, la dictature des faux espaces verts. Mon livre de chevet.

      Complété par trois autres, « l’art de bâtir les villes » de Camille Sitte justement un autre angle de traitement des places et des rues, qui décrit au XIXe siècle en parcourant de long en large les villes européennes qui aime pourquoi une place ou une rue fonctionne ou pas, le rapport entre la largeur, la profondeur et la hauteur, l’exposition aux vents dominants, la circulation des véhicules, à l’époque des calèches, les débouchés des rues, le positionnement des monuments.

      Puis dans un autre genre, « garden cities of tomorrow, a Path to social reform » sur l’art des cités jardins ou dans une ville assez dense tout en ayant l’impression d’être dans un village urbain, le journaliste parlementaire et sociologue a avant l’heure, le socialiste Ebenezer Howard, horrifié par les miasmes de l’époque à Londres (absence d’égouts, incendies, pollutions au charbon de mauvaise qualité, smog, épidémies, misère sociale abondamment décrite par Dickens) imagine un maillage de villes autonomes, notamment sur le plan alimentaire, intégrant emplois, écoles, universités, habitations, dans des espaces paysagés, où l’on peut se déplacer en toute sécurité en vélo, adossés à une ligne de chemin de fer reliée à la capitale britannique. Non seulement il va l’imaginer, mais il va créer des fondations pour la mettre en place. D’abord à Letchworth, à 60 km au nord de Londres, puis à Welwyn garden city a mi chemin entre Londres et Letchworth. Je m’y suis rendu il y a 22 ans en scooter depuis le Pays Basque, et Welwyn m’est apparue comme une ville de la taille de Bayonne, et même population, avec à peu près la même surface construite et beaucoup plus d’espace consacrée à l’agriculture pour la nourrir, sans jamais se rendre compte qu’on est en ville, c’est troublant car toutes les fonctions de la ville sont là, tout en ayant l’impression d’être dans un village anglais avec un soupçon de verticalité en plus au fur et à mesure qu’on se dirige vers le cœur de la ville.

      En complément de des trois là, je recommanderais Friedrich Hundertwasser, peintre autrichien qui a imaginé des villes ou des quartiers qui ont été bâtis par des architectes après sa mort, avec des formes magnifiques et inédites, des toitures vegetalisées, ressemblant à des collines, des « arbres locataires » jaillissant des toits ou des fenêtres, des portes, des milliers, et des encadrements de fenêtres insolents de couleurs, des cours intérieures enveloppant des écoles ou des crèches et qu’on peut visiter dans des douzaines de villes autrichiennes, suisses, ou allemandes.

      Encore Franck Lloyd Wright, architecte de génie du bioclimatisme pendant pratiquement huit décennies, notamment, mais l’un des pires théoriciens de l’urbanisme et de l’étalement urbain, qu’il faut lire pour savoir ce qu’il ne faut pas faire ? mais dont l’œuvre architecturale doit nous inspirer pour nos villages urbains qui doivent être conçues comme des œuvres d’art que l’on vient visiter et non comme des quartiers monotones et déclinés à l’infini selon la pensée de « l’architecture moderne » de le Corbusier, d’abord dans tous les régimes productivistes autoritaires ou totalitaires de la planète des années 30 à 60, puis dans le reste du monde, sans savoir si vous vous trouvez dans une cité industrielle à Birmingham ou Pittsburgh, Buenos Aires ou Varsovie, en banlieue de Madrid ou de Bratislava, de Sarcelles ou de Turin, de Détroit ou de Toyota, de la banlieue ouvrière de Bilbao, ou soixante ans plus tard celle de Shenzen.

      L’art de bâtir des villes c’est aujourd’hui imaginer des « car free cities » comme celles imaginées par J.H. Crawford, ou encore comprendre les mécanismes décrits par Andres Duany, et Elizabeth Plater Zyberk, dans « suburban nation » ou James Howard Kunstler « geography of nowhere » ou encore ceux qui décrivent dans « fortress America » ou dénoncent des « gated communities » les communautés fermés, l’Amérique suburbaines et la géographie de nulle part que les français reproduisaient plus ou moins en les adaptant à la geographie plus réduite d’un urbanisme commercial délirant, une artificialisation et imperméabilisation des sols notamment dans des friches industrielles ou des zones humides en s’étalant à perte de vue.

      Jane Jacobs, journaliste et sociologue résident à Greenwich village à Manhattan, avait en 1961 un désaccord avec Ebenezer Howard (1895), sur le modèle des garden cities. Mais poussée à l’exil à Toronto au Canada pour que ses enfants ne soient pas envoyés au massacre dans la guerre du Vietnam, elle a commencé à nuancer sa position sur les cités jardins surtout depuis les progrès des matériaux, des formes constructives, des techniques bioclimatiques, et en rajoutant un minimum de compacité et de densité raisonnée aux théories d’Ebenezer Howard. Si on y rajoute l’art des places, des marchés, des halles, des rues, et les toitures végétalisées d’hundertwasser, de la ré-irruption de l’art, depuis le mobilier urbain, l’éclairage, les bancs, les jardins, les terrasses, les balcons, patios, rue intérieures, on aboutit à la pensée d’Herrikopolis d’Iker Zabalzagarai, mais ça, il vous faudra attendre encore un an ou deux pour la voir se décliner, avec d’autres dimensions que sont l’art de bâtir des villes qualitatives accessibles à tous, à faible empreinte écologique. ?

      https://pin.it/rxbvbpwi6yabzt

    • Et toujours un commentaire intelligent (je vais inviter l’autrice !) :

      il est frappant de voir que Jane Jacobs [qui avant de s’illustrer par la publication de son livre, était une militante écologiste qui avait livré un combat titanesque pour empêcher, avec succès, la création d’une autoroute urbaine à travers Manhattan, devant littéralement couper la ville en deux] n’a consacré que de manière plus qu’anecdotique, une seule référence au tramway (et encore elle parlait d’un tramway à cheval datant du début du siècle) et deux passages au métro, sans référence aucune à celui ci en terme de mobilité mais en terme de stations dans le paysage.

      J’adore le livre de jane jacobs au point de l’avoir numérisé et de l’avoir toujours sur moi, afin d’y faire référence dans les débats ou les conversations… et d’y faire des recherches en texte intégral.
      J’avais un doute sur le transport, mais non effectivement elle parle du bâti et de la ville, et quasiment pas des mobilités en dehors des voitures.

      Il faut préciser qu’à cette époque là, la question du métro ne se pose plus, l’essentiel du réseau new yorkais est déjà bâti, et les aménagements ne s’y font plus qu’à la marge.

      Le problème se pose en de tout autre termes dans les villes existantes dont le réseau existant est saturé, ou considéré comme obsolète, et que les autorités envisagent d’en construire un nouveau.

      Dans ma ville, et l’agglomération bayonnaise, on est en train de construire pour cette année un réseau innovant de trambus électrique (indépendant des caténairs et des voies sur rails dédiés des tramway) dont la recharge par induction se fera à chacune des stations. C’est une première mondiale, et de plus le trambus est construit en Pays Basque sud, à cinquante kilomètres à vol d’oiseau de chez nous… par une société coopérative ouvrière de production.

      Mais chaque construction d’un système de transport offre un certain nombre de désagréments, on défait des aménagements paysagers et urbains pour en reconstruire d’autres. Et le temps de la transition est douloureux. Et les travaux éprouvant, ce qui est le cas chez nous actuellement, où ça culmine en terme d’exaspération.

      L’urbanisme sous-terrain n’est quasiment évoqué par aucun des auteurs que je t’ai cité en amont.

      C’est pourtant une des pistes les plus intéressantes pour certains types d’activités, quoi qu’à mon tour je préfère plutôt les mobilités de surface, ou plus encore, les mobilités suspendues, qui peuvent s’affranchir des routes, des ponts, des rivières ou marécages, des baies et des collines…

      Ainsi un métro coûte environ 50 millions d’euros le kilomètre, contre 25 millions pour un tramway, 10 millions pour un trambus ou un système d’autobus en site propre, mais « à peine » 5 millions pour un sytème de téléphérique urbain.

      Avec un téléphérique urbain, pour le même prix qu’un métro, on peut irriguer dix fois plus un système de mobilité et toucher les périphéries, où les quartiers difficiles à desservir par un système conventionnel du fait d’une densité de population insuffisante.

      Mais chaque système a ses avantages et ses inconvénients.

      Il est étonnant de voir que le trambus bayonnais entre Bayonne-Anglet-Biarritz (et quelques communes de proximité) reprend le tracé du tramway ancien, d’abord à cheveaux, ensuite électrifié, qui prévalait avant ma naissance, remplacé par un système de bus jugé alors plus performant.

      On ne cesse de faire et de défaire puis de refaire des choses, même si les technologies ont considérablement évoluées entre temps.

  • La Rebelión del espacio vivido. Teoría social de la urbanización capitalista

    “Debemos a la insistente voz de Henri Lefebvre la idea según la cual el dominio sobre el espacio constituye una fuente fundamental y omnipresente del poder social sobre la vida cotidiana”. David Harvey, 1990.

    La tesis revisa el pensamiento de Henri Lefebvre como un todo en movimiento. Siguiendo su torrente teórico se rehace un itinerario complejo con voluntad pedagógica y la intención de estudiar no solo aquello que decía, sino la forma en que pensaba; así como, su traducción en la ciudad global contemporánea.

    https://www.academia.edu/37248384/La_Rebelio_n_del_espacio_vivido._Teor%C3%ADa_social_de_la_urbanizaci%C3%B3
    #thèse #PhD #thèse_De_doctorat #urban_matter #Henri_Lefebvre #Lefebvre #ville #géographie_urbaine #urbanisation_capitaliste

  • « Le Temps des méprises » par Henri Lefebvre ( 1975 )

    http://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/06/le-temps-des-meprises-par-henri.html

    Cette époque invente un nouveau crime, le « géocide », après le génocide, après les vieux crimes, le régicide, le parricide et le matricide. Le monde se mondifie. La société devient planétaire, tragiquement. La vérité, au sens philosophique, se trouve entre le vieil Héraclite — tout devient autre, tout finit et se métamorphose, tu ne prends jamais le même bain dans le même fleuve — et lʼantique Eléatisme ; tout sʼidentifie, tout sʼétablit dans le Même. La vérité se trouve dans la lutte entre ce Même et cet Autre et dans la lutte à mort, il y a des risques.

  • Henri Lefebvre et le procès marxiste de la vie quotidienne
    http://www.dedefensa.org/article/henri-lefebvre-et-le-proces-marxiste-de-la-vie-quotidienne

    Henri Lefebvre et le procès marxiste de la vie quotidienne

    Tout le monde a oublié Henri Lefebvre et je pensais que finalement il vaut mieux être diabolisé, dans ce pays de Javert, de flics de la pensée, qu’oublié. Tous les bons penseurs, de gauche ou marxistes, sont oubliés quand les réactionnaires, fascistes, antisémites, nazis sont constamment rappelés à notre bonne vindicte. Se rappeler comment on parle de Céline, Barrès, Maurras ces jours-ci… même quand ils disent la même chose qu’Henri Lefebvre ou Karl Marx (oui je sais, cent millions de morts communistes, ce n’est pas comme le capitalisme, les démocraties ou les Américains qui n’ont jamais tué personne, Dresde et Hiroshima étant transmuées en couveuses par la doxa historique).

    Un peu de Philippe Muray pour comprendre tout cela – cet oubli ou cette (...)

  • Pour tou.te.s les géographes ici :

    Pour une géographie anarchiste
    Simon Springer
    Traduit de l’anglais par Nicolas Calvé
    Lux Editeur
    Parution en Amérique du Nord : 25 janvier 2018
    Parution en Europe : 15 mars 2018
    http://www.luxediteur.com/catalogue/pour-une-geographie-anarchiste

    Grâce aux ouvrages de David Harvey, Mike Davis ou même Henri Lefebvre, on connaît aujourd’hui la géographie radicale ou critique née dans le contexte des luttes politiques des années 1960 aux États-Unis et qui a, comme le disait Harvey, donné à Marx « la dimension spatiale qui lui manquait ». Dans ce livre, Simon Springer enjoint aux géographes critiques de se radicaliser davantage et appelle à la création d’une géographie insurrectionnelle qui reconnaisse l’aspect kaléidoscopique des espaces et son potentiel émancipateur, révélé à la fin du XIXe siècle par Élisée Reclus et Pierre Kropotkine, notamment.

    L’histoire de l’humanité est une longue suite d’expériences dans et avec l’espace ; or aujourd’hui, la stase qui est imposée à ces mouvements vitaux, principalement par les frontières, menace notre survie. Face au désastre climatique et humain qui nous guette, il est indispensable de revoir les relations que nous entretenons avec le monde et une géographie rebelle comme celle que défend Springer nous libérerait du carcan de l’attentisme. Il faut se défaire une bonne fois pour toutes des géographies hiérarchiques qui nous enchaînent à l’étatisme, au capitalisme, à la discrimination et à l’impérialisme. « La géographie doit devenir belle, se vouer entièrement à l’émancipation. »

    #géographie #anarchisme #Simon_Springer #Lux

  • Harold Bernat : « Le “macronisme” est une stratégie de consolidation du pouvoir par le vide »
    https://comptoir.org/2017/12/13/harold-bernat-le-macronisme-est-une-strategie-de-consolidation-du-pouvoir-

    Le Comptoir : Question d’ouverture, et déjà centrale : comment construire une critique du macronisme qui ne soit pas aspirée et régurgitée par l’objet visé ?
    Harold Bernat : Question centrale qui nous oblige d’emblée à savoir ce que recouvre ce mot “macronisme”. Attacher un “isme” à un patronyme ne suffit pas à faire une cohérence idéologique. On ne prête pas assez attention à de telles constructions sémantiques improbables – du libéralisme au macronisme, du communisme au mélenchonisme, etc. Alors qu’on ne connaissait toujours pas le contenu du programme politique d’Emmanuel Macron, le mot “macronisme” faisait déjà les gros titres. Autrement dit, le “macronisme” (si l’on tient à ce terme, que je n’utilise pas) est une forme qui cherche à se faire passer pour un fond, un signe qui nous dispense de chercher derrière lui une réalité, tout en laissant supposer qu’elle existe. La seule façon de ne pas être aspiré par le vide est de trouver des points réels d’ancrage à partir desquels nous pourrons froidement mesurer l’irréalisme ambiant et ses stratégies de simulation.

    Pour ne pas consolider ce que nous critiquons, vous appelez à être « témoins de ce qui se manifeste ». Comment, dès lors, s’opposer sans consolider ?
    La consolidation par une soi-disant “critique” est un phénomène récent et dévastateur. Si vous vous demandez “quelle est la philosophie de Macron ?” vous prenez aussitôt au sérieux son rapport à la philosophie en laissant croire qu’il y a une philosophie politique à l’œuvre chez Emmanuel Macron. Au lieu d’aller chercher dans des textes de Paul Ricœur plutôt que dans ceux de Rousseau ou d’Aristote ce qui “éclaire le macronisme” (une formule des plus ténébreuses), il est plus lucide de se demander à quoi sert la référence à la philosophie aujourd’hui. Que devient ladite philosophie quand celle-ci n’est plus qu’une stratégie de détournement de la critique politique, une diversion ? Être témoin, au sens qu’Henri Lefebvre donnait à ce mot, c’est rendre raison de ce qui nous arrive. Que signifie être “anti-macroniste” si on est incapable de comprendre finement que le “macronisme” est une stratégie de consolidation du pouvoir par le vide ?

    « Emmanuel Macron est le président d’un engluement spirituel très inquiétant, une sorte de résignation collective à l’effort qu’exige la pensée. »

    Au fond, vous ne critiquez pas tant Emmanuel Macron que l’idéologie sur laquelle il surfe et prospère – ou du moins, une “idéologie” comme il l’entend, c’est-à-dire une sorte de logiciel de compréhension du monde, qui laisse de côté les oppositions véritables. L’individu Macron est-il si innocent que cela ?
    À propos de l’idéologie, lisons deux déclarations d’Emmanuel Macron. En juillet 2015, au journal Le 1, Emmanuel Macron affirme : « Je crois à l’idéologie politique, c’est une construction intellectuelle qui éclaire le réel. » Par contre, quand il s’agit de s’adresser à un très large public, il n’hésite pas à critiquer la notion de « prisme idéologique » (TF1, 27 avril, 2017). Le discours tenu à une élite intellectuelle est aux antipodes de celui qui s’adresse à la masse des électeurs. Emmanuel Macron fait partie d’une génération qui croit en avoir fini avec les idéologies. C’est ce qu’on peut appeler la pensée des états de fait. Lorsqu’il affirme que le « prisme idéologique » ne marche plus, il sous-entend que l’idéologie est un moyen disponible parmi d’autres pour arriver à certaines fins. La dimension critique du concept forgé par Karl Marx disparaît totalement. Une idéologie est avant tout un système de représentations qui travestit la réalité afin d’imposer un ordre de valeur indiscutable. Cette opération de travestissement peut-être révélée par un effort critique. La stratégie des nouvelles formes de pouvoir consiste à désarmer cet effort en en faisant une dépendance des anciennes idéologies.


    Autrement dit, dans un renversement orwellien, la critique, c’est l’idéologie. Par contre, utiliser le mot “idéologie” à tort et à travers pour en faire le reliquat du vieux monde, c’est être « un philosophe en politique » (Le 1). De ce point de vue, Emmanuel Macron sait très bien ce qu’il fait.

    Vous écrivez que “l’idéologie” défendue par Macron ne porte aucune idée, ce qui fait qu’elle ne génère aucune contradiction. La solution n’est-elle pas de répéter que l’absence d’idée est une idée en soi, et très forte – à l’image de ce que peut être la prétendue “fin de l’Histoire” ?
    Bien sûr. La prétendue fin des idéologies est encore une idéologie, peut-être la plus pernicieuse qui soit. Lorsque je dis que Macron fait le vide, il ne faut pas oublier que ce “faire” suppose un interventionnisme très autoritaire. On ne fait pas le vide sans dégager ce qui fait obstacle à son extension, les poids morts de la société, les inerties, les pesanteurs, les résistances. La sémantique est évidente : ce qui résiste doit être éliminé. Vaincre une résistance (quelle que soit cette résistance) devient une victoire pour les nouveaux ventriloques de la marche en avant. Ce n’est pas parce que vous n’avancez pas d’idées que vous ne participez pas à un actif travail de sape idéologique.
    « À quoi sert la référence à la philosophie aujourd’hui ? Que devient ladite philosophie quand celle-ci n’est plus qu’une stratégie de détournement de la critique politique, une diversion ? »

    Emmanuel Macron est-il autre chose que l’enfant des Lumières, de Hegel et du scientisme dans la mesure où pour lui, tout est Raison, statistiques, efficacité ? Plus largement, n’est-il pas logique qu’à force de rationalisation, d’abandon de toute spiritualité – pas forcément religieuse –, notre société porte à sa tête une telle figure ?
    Entre les Lumières, Hegel et le scientisme, il y a tout un monde. Emmanuel Macron est surtout l’enfant de son temps, un temps dans lequel l’esprit est trop souvent une dépendance de la matérialité ou de la déraison, un temps dans lequel la pensée critique s’efface au profit d’un mélange non contradictoire d’économie et d’ésotérisme. Emmanuel Macron a pu dire que « la politique, c’est mystique ». Une phrase fort peu rationnelle, vous en conviendrez sûrement. Nous alternons entre le grand délire et l’hyper pragmatisme, entre des discours dont l’irrationalisme confondrait de honte un honnête homme du XVIIIe siècle et des discours sortis tout droit de logiciels informatiques. Cette phrase obscurantiste d’Emmanuel Macron doit être rapprochée de cette autre du nouveau “chef” du parti présidentiel, Christophe Castaner : « J’ai le logiciel Macron avec l’application Philippe. » Ce qui est attaqué reste le discernement intellectuel tout autant que la capacité de l’esprit à se déprendre du monde. Emmanuel Macron est le président d’un engluement spirituel très inquiétant, une sorte de résignation collective à l’effort qu’exige la pensée.

    Pensée qui, lorsqu’elle s’éloigne du cadre libéral, est généralement réprimée et rapprochée des totalitarismes du XXe siècle. Comment, dès lors, redonner sa noblesse à « la mésentente » comme l’entendait Rancière ? On voit que même à gauche – ou surtout à gauche –, la tentation du saint-simonisme n’est jamais loin.
    La brutalité de la réponse est à la hauteur de la faiblesse intellectuelle à laquelle se heurtent ceux qui n’ont pas renoncé à lutter contre les innombrables aliénations produites par notre mode de développement économique. Ce que l’on constate, c’est l’incapacité croissante de ladite “gauche” à faire droit à une critique qui ne soit pas simplement économique. L’idée d’une crise anthropologique, par exemple, ne fait pas sens pour elle. La mésentente dont vous parlez ne peut pas simplement porter sur la concentration du capital ou la domination du CAC 40. Il est particulièrement frappant de constater qu’un intellectuel critique de premier plan comme Jean Baudrillard a quasiment disparu des références de la gauche dite “critique”. On ne peut parler de dissensus sans parler de conflits de valeurs, de hiérarchie des valeurs, de fondement des valeurs – autant de questions essentielles devenues quasiment taboues à gauche. L’anthropologie critique des valeurs de la modernité, qu’interrogeaient il y a peu et dans des styles très différents Castoriadis, Clouscard, Debord ou Baudrillard, ne fait plus partie de ses interrogations.

    « Dans un renversement orwellien, la critique, c’est l’idéologie. »

    D’une certaine manière, les idéologies politiques s’éloignant du cadre libéral n’ont-elles pas toujours été désignées comme “extrêmes” ?
    Cette tendance ne fera que s’accentuer dans un renversement terminologique sidérant. Est extrême ce qui, dans son mouvement propre, tend toujours à se dépasser. Dans les sports extrêmes, il s’agit toujours de “dépasser ses propres limites” (pour reprendre le slogan des équipementiers sportifs). Cet extrémisme-là, celui du refus de la finitude (croissance illimitée, etc.), Emmanuel Macron le formule dans un slogan frime, forcément en anglais : « Sky is the limit » (Le 1, 13 septembre 2016).

    Incapable de faire droit à une critique interne à son ordre, le principe de libéralité suffisante “extrémise” les contradictions qu’on peut lui adresser afin de mieux les disqualifier. Là encore, il est nécessaire, texte à l’appui, de démonter patiemment ces grossiers mécanismes d’exclusion. Après la critique, c’est l’idéologie, la finitude, c’est l’extrémisme…

    Vous écrivez que l’explication a remplacé la confrontation : n’est-ce pas en partie lié à l’évolution du rôle des médias, qui revendiquent le décryptage plutôt que la subjectivité ?
    Disons plutôt que la confrontation est toujours scénarisée. Médiatiquement, vous devez être situé, repérable. Il s’agit d’ailleurs moins d’un problème de média que de marché. Votre nom doit devenir une marque. Qui se soucie réellement de ce qu’écrivent les “intellectuels médiatiques”, qui commentent sérieusement leurs textes ? Soit vous êtes pour, soit vous êtes contre. La logique binaire est de mise. L’audimat n’a que faire des jugements fins, illisibles pour la grossièreté des poseurs d’étiquettes. Quant au soi-disant décryptage, c’est une farce destinée à faire croire au consommateur qu’il n’a pas les moyens de juger ce qu’il a sous les yeux. Un électricien venu poser un câble chez moi, voyant le livre de Macron Révolution sur mon bureau, s’est exclamé : « Ne lisez pas ça, Macron c’est complètement creux ! » À quoi sert pour lui un « décryptage de la philosophie politique d’Emmanuel Macron » si ce n’est à le faire douter de la qualité immédiate de son jugement. Pour autant, son constat ne suffit pas. C’est ici que commence un travail plus ingrat, non pas de décryptage mais d’analyse critique.

    Justement, dans votre analyse critique, vous utilisez régulièrement le terme d’« infra-politique » pour décrire notre temps – terme qui renvoie à la liberté de chacun de ”“trouver sa voie”, érigée comme principe ultime. Cette infra-politique n’est-elle pas simplement la sœur d’une société “à l’américaine”, dans laquelle des communautés cohabitent et vivent selon leurs propres désirs, sans que personne n’intervienne afin de ne pas brusquer les sensibilités ? Plus largement, l’infra-politique ne se nourrit-elle pas de la peur de contraindre ?
    Derrière la peur de la contrainte, nous retrouvons la question fondamentale de l’antagonisme des valeurs. C’est le sens de la référence que je fais à Max Weber dans le texte. Peut-on en encore parler d’activité politique sans envisager une hiérarchie des normes et des valeurs, sans juger de ce qui est médiocre, bas, stérile, imbécile, sot, sans tirer de ce jugement des décisions politiques ?

    « Nous devons accepter de renoncer au confort des rhétoriques de la liberté pour investir l’inconfort des jugements de valeurs et des conflits spirituels et politiques qu’ils suscitent. »

    Platon juge les sophistes non pas simplement parce qu’ils ont un pouvoir dans la cité mais parce qu’ils éduquent mal les hommes pour lui. Cette question de l’éducation est essentielle. Il n’est d’ailleurs pas inutile de constater à quel point la critique dite “de gauche”, sous couvert de progressisme, l’a délaissée. Il faut prendre conscience de la contradiction fondamentale qui existe entre la logique libérale et le problème des valeurs. Un libraire qui a une politique éditoriale en refusant de vendre n’importe quoi pose le problème de la qualité, de la valeur, et en paie le prix du point de vue de la logique libérale quantitative.

    La force du macronisme n’est-elle pas simplement de jouer ad nauseam sur le mythe d’une prétendue synonymie entre émancipation et liberté ?
    Nous sommes libres pour rien, voilà l’enjeu. Nous rejouons des luttes d’émancipation sous la forme de simulacres au nom des luttes passées, qui étaient bien réelles celles-ci. Nous devons accepter de renoncer au confort des rhétoriques de la liberté pour investir l’inconfort des jugements de valeurs et des conflits spirituels et politiques qu’ils suscitent. Cela suppose de renoncer aux bénéfices de conformité des discours de la liberté. Là encore, le modèle grec peut nous servir. Être probes, véraces et sublimes sont des exigences au moins aussi nobles que les produits du marché de la liberté.

    Pour finir, vous écrivez que la génération Macron, pour grimper les échelons, fait avant tout preuve de conformisme. Mais n’est-ce pas une attitude propre aux élites en général ?
    Il faut revoir ce terme. Les aristoï sont les meilleurs en Grèce antique. En quoi Christophe Castaner et ses logiciels de pacotille est-il un aristoï ? De quelle élite parle-t-on ? Lui ou un autre, le problème est le même. Le marché est incapable de produire une quelconque élite. Les plus grandes œuvres de l’esprit ont toujours été marginales, inattendues, non soumises à la pression du marché. Quelle élite voulez-vous créer lorsque l’adaptation au marché, c’est-à-dire aussi la soumission aux manies du temps, est supposée désigner les “meilleurs”. Encore un peu d’Orwell pour finir : les plus conformes seront les plus géniaux. À ce titre, Emmanuel Macron est le plus grand génie de notre temps.

    Romain Gonzalez

    Par Le Comptoir le 13 décembre 2017
    Harold Bernat s’était déjà fait remarquer en 2006 pour sa critique radicale de la “révolution libertaire” défendue par Michel Onfray et, plus largement, par la culture petite-bourgeoise triomphante – dans « Des-montages : Le poujadisme hédoniste de Michel Onfray » – puis en 2012 par sa condamnation de la flexibilité et de l’adaptabilité à tout-va dans « Vieux réac ! Faut-il s’adapter à tout ? » Nous avons choisi de l’interroger sur son dernier essai, « Le néant et la politique : Critique de l’avènement Macron », dans lequel il s’applique à déconstruire le mythe du “président-philosophe” tout en insistant sur la nécessité d’exercer notre esprit critique sur ce qui est là sous nos yeux, entre mille autres choses.

  • Droit à la ville
    Modop pour la transformation de conflits
    http://blog.modop.org

    La deuxième édition des Rencontres de Géopolitique Critique aura lieu du 8 au 11 mars 2017, dans différents lieux de l’agglomération grenobloise.

    Le « droit à la ville » est à la fois un outil de lutte et un concept théorique des sciences sociales. Depuis Henri Lefebvre beaucoup d’autres chercheurs (Harvey, Soja, Garnier, Purcell) ont repris l’idée du droit à la ville pour continuer sa conceptualisation. En même temps, les mouvements sociaux s’en saisissent au niveau local, national et international. De quoi le droit à la #ville est-il le nom ? Quels ponts faut-il construire, entre militants, société civile et universitaires pour que les intérêts des plus démunis pèsent dans la production et dans l’organisation des villes ? Les Rencontres sont des temps d’aller-retour entre pratiques et pensées dans le but d’enrichir nos outils d’analyse et nos positionnements mais c’est aussi l’occasion de se connaître pour travailler ensemble à la production des #savoirs sur la société.

    #urban_matter

  • Henri Lefebvre :" Les idéologies de la croissance " ( 17 mai 1972 )

    http://enuncombatdouteux.blogspot.fr/2016/10/henri-lefebvre-les-ideologies-de-la.html

    D’autre part, un phénomène très étrange apparaît et se confirme : tous les politiques, dans tous les régimes, se prononcent sans réserve pour la croissance. Avec des raisons diverses selon les régions et les idéologies, mais toujours bonnes. Je ne veux pas ici parler de tous ceux qui s’intéressent à la politique, mais des hommes qui sont dans les institutions, celles du pouvoir.

  • Le mythe de la conception léniniste du #parti ou Qu’ont-ils fait à Que faire ?
    http://revueperiode.net/le-mythe-de-la-conception-leniniste-du-parti-ou-quont-ils-fait-a-que-f

    Détachement d’intellectuels, élitiste, centraliste. Le parti léniniste est taxé de tous les maux que le stalinisme a fait peser sur le mouvement ouvrier. Dans ce texte de 1990, Hal Draper revient sur le mythe qui entoure la conception léniniste du parti et notamment sur Que faire ?, en ayant à coeur de souligner le dynamisme de la pensée de #Lénine. Draper nous invite alors à un retour au texte pour nous montrer que Lénine n’avait en rien cherché à construire une secte semblable aux groupuscules actuels. Il a construit un pôle révolutionnaire au sein d’un parti ouvrier large, dont le degré de discipline devait varier avec la conjoncture. Draper permet ainsi de relire les débats classiques sur l’organisation avec un regard neuf, qui peut nourrir un travail de recomposition politique encore à l’ordre du (...)

    #Uncategorized

    • Moi ma préférée des 21 Conditions d’admission des Partis dans l’ #Internationale_Communiste, édictées par Lénine et ses amis en Juillet 1920, c’est la numéro 12 :

      12. Les Partis appartenant à l’Internationale Communiste doivent être édifiés sur le principe de la centralisation démocratique. A l’époque actuelle de guerre civile acharnée, le Parti Communiste ne pourra remplir son rôle que s’il est organisé de la façon la plus centralisée, si une discipline de fer confinant à la discipline militaire y est admise et si son organisme central est muni de larges pouvoirs, exerce une autorité incontestée, bénéficie de la confiance unanime des militants .

      Même si la numéro 13 est pas mal aussi :

      13. Les Partis Communistes des pays où les communistes militent légalement doivent procéder à des épurations périodiques de leurs organisations , afin d’en écarter les éléments intéressés et petit-bourgeois.

      Oh mais la numéro 1 n’est pas sans qualités :

      [...] La presse périodique ou autre et tous les services d’éditions doivent être entièrement soumis au #Comité_Central_du_Parti , que ce dernier soit légal ou illégal. Il est inadmissible que les organes de publicité mésusent de l’autonomie pour mener une politique non conforme à celle du Parti. [...]

      La numéro 9 rappelle l’attachement aux désirs d’émancipation et d’autonomie des individus :

      9. Tout Parti désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des #syndicats, #coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des #noyaux_communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicats au communisme . Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l’ensemble du Parti.

      https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700b.htm

      Nan vraiment le pauvre #Lénine et ses camarades #Trotski et #Staline ont vraiment été diffamés, leurs conceptions étaient si émancipatrices ! Ce n’est qu’à partir de 1924 et à cause des bureaucrates à la solde du méchant Staline que les choses ont dérapé.

      Sinon ce livre publié en 1921 pourrait vous intéresser :

      Les #Soviets trahis par les #bolcheviks - Rudolf Rocker

  • Démolition et contre-révolution : la rénovation urbaine dans la région parisienne
    http://revueperiode.net/demolition-et-contre-revolution-la-renovation-urbaine-dans-la-region-p

    La question urbaine souffre aujourd’hui de deux écueils à gauche : ou bien elle est exclusivement envisagée sous l’angle des dynamiques structurelles du capitalisme financiarisé, ou bien elle est référée à des initiatives de « #gentrification ». Pour Stefan Kipfer, il est indispensable de penser la rénovation urbaine comme une stratégie d’État, en grande partie conditionnée par la race. Kipfer rassemble ici des hypothèses issues d’un terrain mené dans les banlieues de région parisienne, et conclut que les agences de rénovation mènent une « contre-révolution coloniale ». Combinant les intuitions d’Henri Lefebvre et de #Frantz_Fanon, Kipfer dresse un tableau détaillé de la guerre préventive de l’État contre les mouvements de l’immigration et des quartiers. Les luttes raciales sont une composante irréductible du (...)

    #Uncategorized #antiracisme #Etat #Henri_Lefebvre #ville

  • Classes moyennes, la fausse majorité d’une société de contrôle.

    « Une nouvelle mystification monte : les classes moyennes n’auront qu’une ombre de pouvoir, que des miettes de richesse, mais c’est autour d’elles que s’organise le scénario. Leurs valeurs, leur culture l’emportent ou semblent l’emporter parce que supérieures à celles de la classe ouvrière » La vie quotidienne dans le monde moderne, Henri Lefebvre, 1968.

    Viens d’entendre un responsable politique à la radio déclarer que la suppression de la prime pour l’emploi (PPE) au profit de la création de la prime d’activité va léser plus d’un million de membres de la classe moyenne.

    Or cette "classe moyenne" là, elle est pauvre, non pas au sens statistique ou misérabiliste, mais concrètement, en tout cas pour ceux qui vivent dans des villes capitales, métropoles, etc, aux loyers chers( au dessus du SMIC mensuel, il est rare qu’un isolé puisse obtenir un bout d’APL).
    En effet, pour avoir droit à la PPE en 2015 le revenu fiscal de référence du foyer en 2014 ne devait pas dépasser 16 251 € pour les célibataires, soit 1350€/mois, tandis qu’en 2012 le revenu médian était de 19 740 euros annuels, soit 1645€/mois. Mieux encore le PIB (y a pas mieux que cet indicateur fordien...) par tête est ici de 35 000€/an, soit 2900 euros mensuels par habitant.

    C’est dans un tel contexte (je reviens pas sur l’explosion des inégalités, ou sur l’individualisation des salaires et des revenus opérée sous gvts PS durant les années 80 et 90...), que tout est fait pour que qui dispose d’un SMIC mensuel (plus ou moins amélioré) jalouse qui ne se loue pas à un patron tout en "bénéficiant" de 450€/mois (RSA) et d’éventuels droits aussi "connexes" qu’indispensables (APL, CMU, transports).

    La haine de classe aura été remplacée par une haine de proximité, dirigé vers le plus proche. Nul besoin de complot pour cela (même si experts, journalistes, politiques font leur job pour imposer des représentations falsifiées), comme a pu en témoigner la fin des mouvements de #chômeurs et #précaires des années 90.
    Après la forte mobilisation de l’hiver 1997/98 qui fut suivie d’une fin de non recevoir du gvt Jospin (et de multiples évacuations policières de lieux occupés) on a vu des batailles de légitimité politique internes aux mouvements en question qui reposaient peu ou prou, désorientation aidant, sur l’évaluation des revenus des uns et des autres, nombre de ceux dépendants des minima n’hésitant pas à disqualifier jusqu’aux chômeurs indemnisés par les Assedic (considérés comme trop bien servis pour être honnêtes, ou ignorants des "vraies réalités de la précarité")...

    L’activité commune permettait, non sans heurts et débats virulents, un processus de #composition_politique parmi des forces sociales redoutablement hétérogènes. La défaite a décomposé tout cela. Et sauf à quelques moments depuis (lutte des recalculés de l’Unedic, contre les "réformes" des retraites, de l’intermittence), aucune force collective n’a pu faire barrage à ce prolongement de l’atomisation capitaliste (chacun entrepreneur de soi et la #concurrence pour tous).

    Un énoncé tel que "nous sommes les 99%", aussi faux que "les classes moyennes sont partout", car oui, avec la généralisation du salariat (avec ou sans fiche de paie), la lutte de classe passe à l’intérieur du salariat, a au moins le mérite de dire que les minorités politiques sont la majorité.

    #décomposition_politique #reflux #repli

  • Penser la Commune « comme autre mesure de la richesse sociale » | Mediapart
    http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/310115/penser-la-commune-comme-autre-mesure-de-la-richesse-sociale?onglet=full

    Henri Lefebvre, penseur largement ignoré en France aujourd’hui, mais lu abondamment en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, croyait que la pensée ou la théorie d’un mouvement étaient générées uniquement avec et après le mouvement lui-même. En somme, la théorie est partie intégrante des énergies libérées par l’action politique.

    Dans les discussions dans les cafés de Londres comme dans les pratiques mises en œuvre dans les montagnes du Jura dans les années suivant la Commune, nous voyons une méditation sur la forme communale que nous appelons aujourd’hui écologique et qui est une tentative de penser ensemble la commune insurrectionnelle – ce qui s’était produit ce printemps-là dans une grande ville européenne – et les vestiges des anciennes communes agraires de la campagne. Nous y voyons une refonte profonde de la pratique de la solidarité, non pas comme un comportement moral ou éthique mais comme une stratégie politique.

    Et nous voyons le développement d’une vision de transformation sociale qui n’est servilement redevable ni à l’anarchisme ni au marxisme mais leur emprunte une vision que ses inventeurs, pour la plupart des anciens communards, appelaient le « communisme anarchiste ». À mon avis, ce type d’analyse politique qui unit plutôt qu’elle n’oppose la bataille politique contre l’oppression à la lutte économique contre l’exploitation, ne peut que résonner fortement dans les milieux militants aujourd’hui.

    Lorsque le slogan « Vive la Commune ! » a commencé à résonner dans les réunions des travailleurs à travers Paris, pendant les dernières années de l’Empire, l’émotion et la charge affective attachées au mot « commune » dépassaient de loin toute signification associée au mot. Les travailleurs voulaient être libres d’organiser leur propre vie sociale selon les principes de l’association et de la coopération.

    Ils voulaient substituer une organisation décentralisée et communale, c’est-à-dire une coopération directe de toutes les énergies et les intelligences, au gouvernement permanent. Le mot « commune », bien sûr, faisait écho à l’aspect le plus radicalement démocratique de la Révolution française. Et le mot exprimait aussi une forte volonté d’autonomie locale.

    Chute de la colonne Vendôme (photographie de Franck).Chute de la colonne Vendôme (photographie de Franck).

    Des concepts comme l’État et la nation étaient, bien sûr, absents de tout cela. Les communards ne voulaient pas former un État, mais plutôt une unité dans une fédération de communes qui serait au bout du compte internationale dans sa portée. L’imaginaire communal était profondément non national dans sa forme, opérant à une échelle à la fois plus petite et plus grande que celle de la nation. Selon les mots de l’un de ses participants les plus connus, Gustave Courbet, pendant la Commune, « Paris ne voulait pas être la capitale de la France ». Le Paris des communards voulait être une unité autonome dans une fédération internationale de communes

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  • Sur les situationnistes. Entretien inédit d’Henri Lefebvre avec Kristin Ross
    http://revueperiode.net/sur-les-situationnistes-entretien-inedit-dhenri-lefebvre-avec-kristin-

    KR : Et vous connaissiez les gens de Strasbourg à cette époque ?

    HL : C’étaient mes étudiants. Mais les rapports avec eux ont été aussi extrêmement difficiles. Quand je suis arrivé à Strasbourg en 1958 ou 1959, c’était en pleine guerre d’Algérie, et j’étais à Strasbourg depuis peut-être 3 semaines ou un mois, quand je vois arriver un groupe de garçons. C’étaient les futurs situationnistes de Strasbourg – ou ils étaient déjà peut-être un petit peu situationnistes. Ils me disent : « Monsieur, nous avons besoin de votre appui. Nous allons faire un maquis dans les Vosges. Et alors, nous allons installer une base militaire dans les Vosges, et de là, nous rayonnerons sur tout le pays. Nous ferons dérailler les trains. »
    Moi je leur dis : « Mais vous savez que l’armée et la gendarmerie… le soutien de la population, vous n’en êtes pas sûrs… Vous allez au devant de la catastrophe. » Alors, ils ont commencé à m’insulter en me disant que j’étais un traître. Et puis, au bout de quelques temps, de quelques semaines, ils sont venus me revoir et ils m’ont dit : « Et oui, vous avez raison : ce n’est pas possible. C’est pas possible d’installer un maquis dans les Vosges, dans la forêt ; on se fera un autre projet. »

    #Internationale_situationniste #urbanisme

  • Entretien avec #Henri_Lefebvre sur la rentabilité et la privatisation des espaces.
    https://www.youtube.com/watch?v=0kyLooKv6mU

    http://articulo.revues.org/897

    Volontiers présenté comme #philosophe, #urbaniste ou #sociologue, Henri Lefebvre (1901-1991) devrait en tant que « #spatiologue » interpeller davantage, et en tout premier lieu, les #géographes. Comme c’est encore loin d’être vraiment le cas, les objectifs de cet article sont en ce sens principalement les suivants :

    2- Faire d’abord le lien entre #la_pensée_spatiale d’Henri Lefebvre,

    telle qu’elle apparaît tout particulièrement dans La production de l’espace (1974) et sa #Critique_de la_vie_quotidienne (1947, 1967, 1981). En partant de ce constat : trop souvent la référence à la pensée de Lefebvre s’en tient-elle à la seule idée, longtemps sujette à réticences, d’une « production » de l’espace. L’espace n’apparaît-il pas, ne se donne-t-il pas comme une donnée a priori, intangible et neutre ? Pourtant, au-delà de cette idée fondatrice, il convient de revenir aux textes, pour envisager ce qui découle de l’approche « dialectique » de l’espace de Lefebvre, notamment de ses #idées non seulement de « production », mais aussi de « #triplicité » et de « #conflictualité » de l’#espace.

    3- Examiner ensuite comment certains géographes contemporains ayant la volonté de s’inspirer de cette pensée – surtout brésiliens et anglo-saxons, bien davantage que francophones – la prolongent et l’actualisent dans leurs propres réflexions. S’il se vérifie d’abord, une nouvelle fois, que « nul n’est prophète en son pays », il apparaît ensuite rapidement que l’écho mondial des idées de Lefebvre sur l’espace, bien plus ailleurs qu’en France donc, en souligne tout l’intérêt et l’actualité.

    #Urbanisme #Sociologie #Marxisme #Propriété #Vidéo

  • Perspectives de modifications conscientes dans la vie quotidienne (1961) - Guy #Debord
    http://www.infokiosques.net/spip.php?article16

    Ce texte a initialement fait l’objet d’une intervention par le biais d’un magnétophone [intervenant non-prévu] lors d’un exposé, le 17 mai 1961, au Centre d’études sociologiques du CNRS [en présence d’Henri Lefebvre avec qui #Debord rompt un peu plus tard.]

    Je l’ai lu hier – et écouté ; très beau, très intéressant / où se demande ce qu’est le « #temps perdu » ? / « La #vie_privée est privée de quoi ? » / des effets du #spectacle et du #capitalisme - et de la #sociologie - sur la #vie_quotidienne.
    On le trouve en ligne :
    http://ubumexico.centro.org.mx/sound/debord_guy/Enregistrements-Magnetiques/Debord-Guy_Enregistrements-Magnetiques_1952-61_03.mp3